mercredi 13 mai 2026 / /

Université Omar Bongo : les examens suspendus, les enseignants réclament leurs vacations impayées

Libreville, le 12 Mai 2026 . BWM-Une fois de plus, l’Université Omar Bongo se retrouve paralysée par un mouvement d’humeur des enseignants-chercheurs. Ce lundi 11 mai 2026, les examens ainsi que l’ensemble des activités pédagogiques ont été suspendus pour dénoncer le non-paiement des vacations accumulées depuis plusieurs mois.

Dans les amphithéâtres désertés, le silence remplace désormais les traditionnels brouhahas estudiantins. Les étudiants, déjà habitués aux reports de cours, aux calendriers académiques élastiques et aux semestres interminables, assistent une nouvelle fois à un épisode devenu presque banal dans la vie universitaire gabonaise : l’université à l’arrêt.

Selon plusieurs enseignants-chercheurs, cette décision vise à interpeller les autorités compétentes sur une situation devenue « intenable ». Ils dénoncent des retards répétés dans le paiement de leurs vacations, malgré les promesses administratives et les multiples discussions engagées depuis plusieurs mois.

« On nous demande de former l’élite de demain avec des poches vides aujourd’hui », ironise un enseignant croisé devant une salle de cours fermée à clé. Une formule qui résume le climat général au sein du campus : lassitude, colère… et humour noir comme dernier mécanisme de survie.

Pendant ce temps, les étudiants tentent de garder leur calme, même si certains ne cachent plus leur désespoir. Entre grèves, reports d’examens et années académiques à rallonge, beaucoup disent avoir le sentiment d’être prisonniers d’un système universitaire qui fonctionne désormais au rythme des crises sociales.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes n’ont pas manqué de tourner la situation en dérision. « À l’UOB, le vrai diplôme, c’est la patience », écrit un étudiant. Un autre ajoute : « Ici, même les examens connaissent les réalités économiques du pays. »

Au-delà de la satire, cette nouvelle suspension remet sur la table la question du financement de l’enseignement supérieur au Gabon et des conditions de travail des enseignants-chercheurs. Car pendant que les autorités multiplient les discours sur l’excellence académique et la modernisation de l’université, les acteurs du système éducatif, eux, réclament simplement d’être payés pour le travail déjà effectué.

Les enseignants-chercheurs appellent désormais les autorités à trouver rapidement une solution afin d’éviter une aggravation de la situation. En attendant, à l’Université Omar Bongo, les examens sont suspendus mais l’incertitude, elle, continue ses cours magistraux.

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