44e anniversaire : le Gabon rend hommage à Georges Damas Aleka, père de « La Concorde »
Libreville, 4 Mai 2026. BWM. – Le 4 mai 1982 s’éteignait Georges Damas Aleka, homme d’État, diplomate et compositeur de l’hymne national gabonais. 44 ans après sa disparition, le Gabon commémore la mémoire d’une figure emblématique de son histoire politique et culturelle.
Cet Cérémonie a été honorée par la présence du Président. Michel Régis Onanga M. Ndiaye , Eloi NZONDO, Vice Président de l'Assemblée nationale, de Paulette MINSSAMBO, Ancienne Président du Sénat, de Paul KESANI, Ministre de la culture et des arts , puis éminentes personnalité qui sont venus découvrir le personnage.
Des origines à la formation:
Né le 18 novembre 1902 à Orety, quartier Louis à Libreville, Georges Damas Aleka est issu de l’union de Cécile Tchami, du clan Aguekaza de Louis, et de Georges Boyi, du clan Anïnwon. De sa mère il hérite le nom Aleka, et de son père le nom Ndama, francisé plus tard en Damas. Baptisé à la mission Sainte-Marie, il reçoit le prénom Georges des missionnaires.
Tourné très tôt vers le savoir, il suit sa scolarité à l’école Montfort de Sainte-Marie, auprès des Frères de Saint-Gabriel, jusqu’à 16 ans. En 1918-1919, il obtient son certificat d’études primaires indigènes avant de rejoindre le Congo belge avec son oncle Paul Posso. À Matadi puis à Léopoldville, il se forme en comptabilité et en musique. Il complétera sa formation par des cours par correspondance à l’École Universelle de Paris, puis par un stage de diplomatie au Quai d’Orsay en 1959.
Du syndicalisme à la diplomatie
Syndicaliste engagé, il milite activement contre les inégalités raciales durant la période coloniale. Sa carrière professionnelle débute en 1924 à la Banque Commerciale Africaine, avec des affectations à Matadi, Brazzaville et Bangui. En 1939, il devient chef comptable à la Compagnie de Navigation des Chargeurs Réunis.
À partir de 1959, Georges Damas Aleka entame une brillante carrière diplomatique. Directeur de la Maison du Gabon à Paris en 1960, il est nommé ambassadeur en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg dès 1961, puis ambassadeur en Allemagne en 1963.
Président de l’Assemblée nationale de 1964 à 1975:
En 1964, il fait son entrée à l’Assemblée nationale. Élu député, il devient Président de l’institution parlementaire, fonction qu’il occupera jusqu’en 1975. Il contribue ainsi à bâtir l’architecture institutionnelle du Gabon post-indépendance.
Musicien, écrivain et auteur de l’hymne national:
Figure culturelle majeure, Damas Aleka était aussi musicien, écrivain et poète. Il maîtrisait l’accordéon et l’harmonium, et initiait de nombreux jeunes au solfège. Dans la presse, il signe des articles engagés dans _L’Étoile Équatoriale_. Il est l’auteur de plusieurs poèmes et de l’ouvrage _L’Homme noir_, publié en 1969 aux éditions Paul Bory.
Compositeur talentueux, il laisse plusieurs œuvres musicales, dont la plus célèbre reste « La Concorde », l’hymne national gabonais, symbole d’unité toujours chanté aujourd’hui.
Un héritage qui traverse les générations:
Marié à Delphine Izouret Moreau durant 52 années, Georges Damas Aleka laisse neuf enfants, des petits-enfants et des arrière-petits-enfants. Il s’éteint le 4 mai 1982, entouré des siens.
<<Écrivain, poète, homme de culture et de conviction, il a également enrichi notre patrimoine littéraire par des œuvres majeures, parmi lesquelles L’Homme noir, publié en 1969, un témoignage précieux de réflexion, d’engagement et d’affirmation de soi.
À travers ses écrits, ses poèmes et ses chansons, Georges Damas Aleka a porté une parole profondément humaine, enracinée dans l’histoire africaine et ouverte sur l’universel._
L’ouvrage présenté aujourd’hui constitue, à cet égard, une contribution importante au devoir de mémoire.>>, a indiqué monsieur le Ministre des sports et de la culture, Paul KESSANI.
Homme d’État, intellectuel et patriote, Georges Damas Aleka lègue au Gabon un héritage politique, diplomatique et culturel. 44 ans après sa mort, sa mémoire continue d’inspirer les générations actuelles et futures.