Assemblée nationale : François Ndong Obiang défend la création de la CNDPC devant les députés
Libreville, 5 mai 2026.BWM– La Commission des lois, des affaires administratives et des droits de l’homme a auditionné ce matin, dans la salle Jonas Ovono Assoumou du Palais Léon Mba, le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang. Au cœur des échanges : le projet de loi de ratification de l’ordonnance n°0008/PR/2026 du 26 février 2026 portant création de la Commission Nationale de la Démocratie et de la Participation Citoyenne (CNDPC).
Remplacer le CND pour « donner un nouveau souffle »:
Devant les députés et en présence du Président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, le ministre a justifié la réforme par les limites actuelles du Conseil National de la Démocratie. « Le CND fait face à des problèmes de gouvernance et à une absence de visibilité de ses actions sur le terrain. L’institution peine à remplir son rôle de régulateur de la vie politique », a déclaré François Ndong Obiang.
Créé en 1996 à la suite des Accords de Paris, le CND avait pour mission de promouvoir le dialogue politique, prévenir les conflits et renforcer le processus électoral par la concertation. La nouvelle CNDPC est appelée à lui succéder avec des attributions élargies.
Les missions de la future CNDPC:
« La présence d’un organe chargé de réguler la vie démocratique est plus que nécessaire », a martelé le ministre. La CNDPC sera chargée d’organiser et d’animer le cadre de concertation démocratique, de favoriser les échanges et le règlement des conflits entre formations politiques, et d’élaborer un code de bonne conduite à l’usage des acteurs politiques.
Nouveauté majeure : la Commission devra aussi favoriser l’expression démocratique et émettre des avis sur le respect des quotas de représentation des femmes et des jeunes, tant dans les instances dirigeantes des partis que lors des élections législatives et locales. « Il s’agit d’une évolution positive qui contribuera à la lutte contre le phénomène d’abstention, souvent observé lors des élections », a souligné Ndong Obiang.
Des interrogations sur l’effectivité de la réforme:
Les députés ont toutefois exprimé des réserves. L’honorable Albertine Maganga Moussavou s’est interrogée : « En changeant simplement de dénomination, cet organe que l’on a tant négligé bénéficiera-t-il désormais de plus de considération, de respect et surtout de moyens pour mieux jouer son rôle ? »
Dans la même veine, Michel Régis Onanga M. Ndiaye a suggéré d’auditionner le Président du CND. « Ne serait-il pas opportun de recueillir son éclairage afin d’identifier les problèmes réels et envisager des solutions pour lui redonner toute sa noblesse ? » a proposé le Président de l’Assemblée.
Architecture et financement:
Le texte prévoit que la CNDPC comprendra une Assemblée plénière, un Bureau, un Secrétariat permanent et un Observatoire de la vie démocratique. Ce dernier sera doté d’un comité technique composé de deux experts nommés par décret présidentiel après appel à candidatures, ainsi que d’une agence comptable.
Les ressources de la Commission proviendront de subventions de l’État, de dons et legs, et de toute autre ressource affectée.
L’examen du projet de loi se poursuit en commission avant son passage en plénière.