ÉDUCATION NATIONALE : DE “CHÔMEURS” À “VISIONNAIRES” : CAMÉLIA NTOUTOUME-LECLERCQ VEUT ENFIN FAIRE BOUGER LES 750 DOSSIERS
Libreville, 14 septembre 2026. Ils ont changé de nom, mais pas encore de situation. De l’ancien Mouvement des chômeurs au Mouvement national des Visionnaires du Gabon, les 750 compatriotes continuent de scruter l’horizon d’une intégration dans la Fonction publique. Réunis ce lundi à l’immeuble Arambo, ils ont trouvé face à eux Camélia Ntoutoume-Leclercq, ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, venue personnellement répondre à leurs préoccupations.
Elle essaye Tant bien que mal de répondre aux questions, puis d'entamer un dialogue social avec les rinciaux consernés des postes budgétaires.Et pour une fois, les dossiers ont eu droit à une rencontre avec leur propriétaire présumé : l’administration.
750 dossiers, une multitude de profils
Âgés de 23 à 40 ans, les membres du mouvement présentent des niveaux de formation allant du CAP au doctorat. Droit, gestion, communication, informatique, logistique, psychologie, QHSE, électronique, automatisme, sciences humaines : difficile de faire entrer autant de compétences dans une seule case administrative.
C’est justement cette diversité que Camélia Ntoutoume-Leclercq entend transformer en opportunité.
Pour la ministre, la mise en attente de certains dossiers ne constitue pas un désaveu de l’engagement de l’État en faveur de l’insertion des jeunes. Elle répondrait plutôt à des contraintes techniques : adéquation entre les diplômes, les fonctions envisagées et les postes budgétaires disponibles.
En clair, le problème n’est pas de trouver une place aux 750, mais de trouver à chacun la bonne place.
À chacun son métier, à chacun sa passerelle:
La stratégie présentée par la ministre repose sur plusieurs options : intégration directe pour certains profils, formation complémentaire pour d’autres et reconversion ou redéploiement pour ceux dont les compétences ne correspondent pas directement à l’enseignement.
Les profils techniques pourraient notamment bénéficier d’une formation de 18 mois en alternance à l’Institut de formation de l’enseignement technique et professionnel.
Électronique, automatisme, sciences et technologies, QHSE : autant de domaines dans lesquels le ministère affirme avoir des besoins.
Les titulaires de licences disciplinaires pourraient, quant à eux, être orientés vers l’enseignement au collège, tandis que les titulaires de masters pourraient viser le lycée, après formation pédagogique.
Car, comme l’a rappelé la ministre, un master ou un doctorat ne transforme pas automatiquement son détenteur en enseignant. Il faut encore apprendre à transmettre, à encadrer et à exercer le métier.
Même les recalés des cases auront leur chance:
Pour ceux qui ne peuvent prétendre directement à l’enseignement, Camélia Ntoutoume-Leclercq a présenté d’autres pistes : secrétariat administratif, surveillance générale, accueil, orientation, informatique, logistique ou encore accompagnement éducatif.
Les titulaires de BTS pourraient également bénéficier d’une formation supplémentaire, tandis que certains candidats de niveau bac seraient orientés vers des parcours permettant d’accéder au métier de professeur d’école.
La philosophie affichée par la ministre est claire : ne laisser personne sur le bord du chemin.
Une ambition louable, surtout lorsqu’on sait que certains de ces jeunes attendent depuis longtemps.
Deux semaines pour faire parler les dossiers:
Pour assurer le suivi, un point focal au sein de la Direction centrale des ressources humaines doit être mis en place afin de servir d’interlocuteur aux représentants du mouvement.
Un point de situation est également annoncé dans un délai indicatif de deux semaines, avec la poursuite des démarches auprès de la Fonction publique et du ministère du Budget.
Après des années à attendre, les 750 auront donc encore deux semaines à patienter.Cette fois, ils espèrent surtout que le délai administratif ne deviendra pas une nouvelle saison de leur feuilleton.
91 enfants : Camélia Ntoutoume-Leclercq élargit l’engagement
La rencontre ne s’est pas limitée aux dossiers d’intégration. Sensible à la situation sociale des familles, la ministre d’État a également pris l’engagement d'honnorer leur requête , celle scolariser 91 enfants des membres du mouvement.
Elle a demandé, pour concrétiser cette promesse, la liste des enfants avec leurs noms, leurs âges et leurs classes.
Un geste qui rappelle que derrière les 750 dossiers administratifs se cachent aussi des familles, des enfants et des espoirs.
À l’immeuble Arambo, Camélia Ntoutoume-Leclercq a donc promis des passerelles là où les dossiers semblaient avoir trouvé des murs.
Le Mouvement national des Visionnaires, lui, ne demande désormais qu’une chose : que la vision quitte les discours pour entrer dans les actes.
Après avoir été visionnaires pendant des années, les 750 aimeraient surtout devenir fonctionnaires.
Par Guy vianney NGOSSANA