JNF 2026 : « Femmes gabonaises, sortez du canapé, la République vous attend »
Libreville, 17 avril 2026 – En marge de la célébration de la Journée Nationale de la Femme Gabonaise, un panel de haut niveau a réuni ce 17 avril des figures féminines de proue pour un débat sans détour sur l’engagement politique des femmes. Entre audace, révision des quotas et lutte contre les violences sexistes, le mot d’ordre est unanime : la femme gabonaise doit désormais occuper pleinement sa place au cœur des grandes décisions de la Nation.
« J’ose » : le premier pas vers la représentativité:
Pour Gessyska Katriona Mengue M’Ella Ekogha, Coordinatrice Générale du panel, l’heure n’est plus à l’hésitation. L’engagement des femmes ne peut plus se limiter à la sphère familiale.
« La femme doit être audacieuse, elle doit se lever pour être au fait de l’actualité et participer à la vie active dans sa contrée », a-t-elle martelé. Selon elle, le courage de prononcer ce simple « j’ose » est le premier pas vers une représentativité réelle.
Un quota de 30% encore trop théorique:
Le constat dressé par les intervenantes reste cependant amer. Malgré les promesses portées par la « décennie de la femme », le quota de 30% de représentativité féminine dans les instances de décision peine à être atteint. Un défi que la transition actuelle est appelée à relever concrètement.
Une politique au service du bien-être collectif:
Bénédicte Ngui, analyste politique, a rappelé la légitimité naturelle des femmes dans la vie publique : « Elles ne sont pas moins citoyennes que les hommes... Elles sont gabonaises du fait de leur acte de naissance et sont, de ce fait, directement impliquées dans les décisions d’utilité publique ».
Pour elle, l’enjeu dépasse la simple occupation de sièges. Il s’agit d’apporter une nouvelle qualité au débat politique, axée sur le bien-être de la communauté plutôt que sur les ambitions personnelles.
Transformer les associations en incubateurs de leadership:
Le parcours d’Alix Berti Sougou Latiere épouse Mouyopa, députée de la transition, a illustré cette transition possible du milieu associatif ou technique vers l’hémicycle. Malgré les obstacles réels — manque de moyens financiers, violences politiques, sexisme — elle a appelé ses sœurs à vaincre la peur.
« On nous dit souvent que c’est un milieu sale, mais c’est à nous d’arranger les choses », a-t-elle affirmé. Elle estime que la sensibilité maternelle des femmes peut être un atout pour apaiser le climat politique et améliorer le quotidien des populations.
Le message final s’adresse aussi à celles qui n’ont pu faire le déplacement : reconsidérer le pouvoir du milieu associatif. Loin d’être de simples cercles de « tontines », les associations doivent devenir de véritables incubateurs de leadership politique.
« Femmes, levez-vous » : ce cri de ralliement résonne comme le point de départ d’une ère nouvelle où la gestion du pays ne se fera plus sans sa composante majoritaire.